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LES FRANÇAIS ET LA MUSIQUE

Selon un sondage réalisé en 2011 pour la Sacem, France Inter et Le Parisien par Opinionway :

• La musique suscite une importante adhésion affective : elle est décrite par 80% des Français comme une “ passion’’ ou un “ plaisir’’

• La musique est dans le trio de tête des activités culturelles préférées des Français : près d'un Français sur deux (47 %) déclare que la musique est l'une des activités culturelles "dont il pourrait le moins se passer". Ce qui place la musique en troisième position derrière la lecture (54 %) et la télévision (64 %).

La pratique et l’écoute de la musique sont toujours en plein essor. La dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français (DEPS – Ministère de la Culture - 2008) montre un intérêt croissant porté à la musique de génération en génération au cours des 4 dernières décennies.

23% des français déclarent savoir jouer d'un instrument

18% des français ont pratiqué une ou plusieurs activités musicales (musiciens amateurs) 
          45% des 15/19 ans
          34% des 20/24 ans
          25% des 25/34 ans

 12% des français sont des instrumentistes en activité

 5% des français font de la musique sur ordinateur

 34% des français écoutent de la musique tous les jours ou presque
          74% des 15/19 ans
          65% des 20/24 ans
          53% des 25/34 ans

 Plus de 3 français sur 4 interrogés sur leur genre de musique préféré fournissent spontanément une réponse dans le champ artistique des musiques actuelles. 

 

LES MUSIQUES ACTUELLES… DE QUOI PARLE-T-ON ?

L'expression musiques actuelles

Les esthétiques musicales qui composent désormais les musiques dites actuelles sont passées par différentes phases. Dans les années 70/80, l'expression "rock" désigne "l’ensemble des pratiques hors institution ; pour dire qu’il ne s’agit pas de musiques traditionnelles ou des musiques classiques" ("Musiques, vous avez dit MusiqueS ?" – Les rencontres du Grand Zébrock par Chroma - 1998). Puis elles ont su échapper, au fil du temps, à des termes aussi ambigus que "musiques jeunes", "musiques populaires", "musiques émergentes", ou encore "musiques d'aujourd'hui".

L’appellation "musiques amplifiées", popularisée par Marc Touché, ethno-sociologue, fait ensuite son chemin : elle désigne "l’ensemble des musiques qui utilisent l’électricité et l’amplification sonore électronique comme éléments plus ou moins majeurs des créations musicales et des modes de vie"

Enfin, l'expression "musiques actuelles" est largement employée par les décideurs publics et institutionnalisée par la création de la Commission nationale pour les musiques actuelles, œuvre du Ministère de la culture et de la communication, en décembre 1997.

L’expression "musiques actuelles" englobe donc "artistiquement parlant" :

• le jazz ;

• les musiques traditionnelles ;

• la chanson ;

• les "musiques amplifiées" : rock, pop et genres assimilés ; chanson française ; country, blues et genres assimilés ; métal, hardcore et genres assimilés ; reggae, ragga et genres assimilés ; musiques électroniques, dub et genres assimilés ; hip-hop et genres assimilés ; world musique et genres assimilés ; etc… 

Les termes les plus couramment utilisés sont donc "musiques actuelles et amplifiées" ou simplement "musiques actuelles". De plus en plus c'est cette dernière appellation qui est la plus souvent utilisée par les professionnels ou les pouvoirs publics.

Il faut tout de même noter que cette appellation ne fait pas toujours l'unanimité en termes de sens (l’adjectif "actuelles" étant d’une certaine manière une négation de leur histoire… et de leur avenir !) et en raison du très large spectre musical couvert (impliquant une importante hétérogénéité musicale, artistique et culturelle). Elle n'est d'ailleurs qu'extrêmement peu utilisée par les musiciens, artistes, groupes ou les médias, y compris les plus spécialisés qui se consacrent pourtant artistiquement parlant aux musiques actuelles.

 


MUSIQUES ACTUELLES/AMPLIFIEES ET POLITIQUES PUBLIQUES

Problématiques et enjeux

Souvent, un projet dans le champ artistique des musiques actuelles répond à la fois à des problématiques artistiques et culturelles telles que la prise en compte des pratiques en amateur, la professionnalisation (et l'articulation de ces deux enjeux…), la découverte de nouveaux talents, l’innovation, la diversité musicale, la diversité des pratiques ; et à la fois à des problématiques territoriales telles que le lien social, la mixité (culturelle, sociale et générationnelle), le lien avec les jeunes (orientation, santé…), le rayonnement et l’attractivité d’un territoire, la rencontre, la convivialité, l’implication citoyenne. Le champ artistique des musiques actuelles est donc au confluent d’enjeux centraux concernant la vie et le développement des territoires et de leur population.

Prises en compte tardivement, les musiques actuelles n'ont jamais bénéficié que d'un strapontin au sein des politiques publiques. En manque de reconnaissance artistique et perçues comme trop proches des industries culturelles, ces musiques n'ont jamais été traitées à l'égal d'autres champs artistiques, à commencer, pour rester dans le champ musical, par la musique classique (cf rapport Berthod-Weber sur le soutien de l'Etat aux musiques dites actuelles (2006) : "En simplifiant à peine, il serait possible de résumer la situation de la musique en France en avançant que la musique classique occupe 5% du marché et reçoit 95% des subventions, et que les musiques actuelles occupent 95% du marché et reçoivent 5% des subventions.").

Forts de leur proximité avec les habitants de leur territoire, les décideurs publics locaux les plus avertis se sont alors aperçus que la lutte contre les inégalités culturelles ne pouvait pas se résumer à favoriser l'accès à des œuvres mais qu'elle devait également prendre en compte la diversité des initiatives et des pratiques artistiques et culturelles d'un territoire.

Concernant directement une large part de la population tant dans la réalité (écoute de musiques, pratiques…) que dans les intentions (alternative à l'uniformisation musicale, démocratisation et éducation), les musiques actuelles s'imposent alors sur les territoires comme un maillon essentiel de la vie artistique et culturelle.

 Par ailleurs, les acteurs des musiques actuelles font pour la plupart partie d’organisations (réseaux, fédérations) permettant la coopération, la mutualisation et la structuration. Ces organisations favorisent la réflexion collective et disposent d'un fort degré d'expertise (production de travaux : observation, analyses, diagnostics…) leurs permettant d'accompagner les pouvoirs publics dans la construction des politiques publiques en faveur des musiques actuelles.

 

Musiques actuelles et politiques publiques : quelques repères

  • 1982 : la fête de la musique rencontre un succès populaire et met en évidence les pratiques musicales des français

25000 groupes de « rock » en France (département des statistiques du ministère de la Culture)
La politique de soutien aux pratiques musicales reste pourtant très timide durant les années 80

  •  1989 : Plan rock, agencement du territoire

200 salles de musiques concernées (aménagements, rénovations…)

  •  1991 : Programme Cafés-musiques

Mise en place d'un programme interministériel

  • Années 90

1991-1994 : Etats du rock à Montpellier
1993 : naissance de la Fédurok  (fédération de lieux de musiques actuelles en France)
1994 : naissance de l’IRMA (Centre Info Rock de 1986 à 1994) – Centre d'information et de ressource pour les musiques actuelles
1995 : Rencontres nationales à Agen

  • Années 90 : Le Florida à Agen, triple rupture (cf Jean-Claude Wallach – "Culture pour qui ?" – Ed. de l'Attribut)

Un équipement porté par une collectivité territoriale et indépendant d’un modèle défini centralement
Une articulation amateurs / professionnels revendiquée
Un équipement spécifiquement dédié aux musiques amplifiées

  • 1998 : Circulaire SMAC (Scène de Musiques Actuelles) et commission nationale

Dispositif SMAC : un lieu, un projet, une équipe
Commission nationale des musiques actuelles dont le principal rapport conclut sur les 4 thèmes suivants : reconnaissance, proximité, pluralisme et rééquilibrage.

  • Fin des années 90 et années 2000

Montée en puissance des initiatives des collectivités territoriales en matière d'équipements ou de soutien à la diversité des initiatives

  • 2006 : Plan pour une politique nationale et territoriale des musiques actuelles

Création du Conseil Supérieur des Musiques Actuelles (CSMA)
Définition du principe  de concertations territoriales

  • 2010 : circulaires SMAC 2 et SOLIMA

Labels de l’Etat : une nouvelle circulaire SMAC
SOLIMA : Schéma d’Orientation de développement des lieux de musiques actuelles

 

Quelques extraits ou citations significatives

Du plus général au plus précis, du plus récent au plus ancien, les textes relatifs à la prise en compte des musiques actuelles sont quasi-unanimes sur les enjeux et la nécessité de réévaluer et d'adapter le soutien apporté à ce champ artistique.

Circulaire ministérielle dite "SMAC" (du 18 août 1998) : "La reconnaissance pleine et entière des musiques actuelles s'impose aujourd'hui comme une nécessité, et c'est à ce titre qu'elles constituent désormais un axe prioritaire de la politique culturelle".

Rapport sur le soutien de l'Etat aux musiques dites actuelles (M. Berthod et A. Weber – juin 2006) : "Les musiques actuelles appellent une reconnaissance pleine et entière, qui suppose en premier lieu de considérer la valeur artistique des œuvres et des pratiques à l’égal de celle reconnue aux œuvres et aux pratiques dans le champ de la musique classique. Les musiques actuelles doivent être intégrées à l’ensemble de la politique du ministère, de ses services déconcentrés, des réseaux d’établissements subventionnés comme l’une des dimensions du service public de la culture".

Plan pour une politique nationale et territoriale des musiques actuelles (2006) : "Aujourd’hui, le développement constant des musiques actuelles, leur structuration professionnelle, l’émergence d’analyses et de discours responsables issus des différentes représentations apparues depuis une vingtaine d’années, l’implication progressive des collectivités territoriales et les évolutions administratives et politiques, conditionnent un environnement propice à la mise en place d’un cadre innovant et spécifique de définition de politiques publiques".

Les projets annuels de performance Culture 2008 et 2009 (annexes aux projets de loi de finances)préconisent de "réviser l'accompagnement que l'Etat accorde aux autres composantes du réseau du spectacle vivant en région s'il souhaite suivre la montée en puissance de ces institutions (salles de musiques actuelles) très populaires et fréquentées par un public diversifié".

Présentation du principe de concertation territoriale musiques actuelles (extrait du discours inaugural de Frédéric Vilcocq, Conseiller Régional Aquitaine, à l'occasion du lancement de la concertation territoriale d'Aquitaine en décembre 2006) : "(…) en invoquant la notion de co-construction, les acteurs proposent aux décideurs publics de devenir des interlocuteurs de l'intérêt général en co-élaborant des politiques culturelles dans le champ des musiques actuelles".

Directive nationale d'orientation 2009-2011 (programme 131) : "Dans le secteur des musiques actuelles d'abord, il convient de maintenir la priorité visant à conforter le réseau de scènes spécialisées (SMAC en particulier). Ces structures constituent aujourd'hui les points d'appui essentiels pour le déroulement de la carrière de jeunes artistes et pour l'expression de formes musicales nouvelles qui connaissent une grande vitalité auprès du public."

 




LES MUSIQUES ACTUELLES/AMPLIFIEES EN ÎLE-DE-FRANCE

Le territoire francilien dispose d'un nombre important de lieux ou projets dédiés exclusivement ou partiellement aux musiques actuelles, formant un véritable écosystème de petites et moyennes structures, très diverses mais qui se retrouvent pour la plupart dans les caractéristiques suivantes :

• des projets d’intérêt général, majoritairement non-lucratifs,

• une économie dite plurielle à la croisée des économies marchande (principe de marché : production, achats/ventes…), non marchande (principe de redistribution : interventions publiques…) et non-monétaire (principe de réciprocité : bénévolat…)

• des activités multiples et en constant développement…,

• un projet  dont la mise en œuvre se réalise dans des conditions encore bien souvent difficiles et précaires (sous effectif, accès difficile aux financements publics…).

Ces structures sont dans leur grande majorité fédérées au sein des huit réseaux départementaux d’Île-de-France, générant ainsi une diversité d'acteurs qui constitue la force, la richesse et la singularité de la structuration en réseau. Dans les musiques actuelles, comme dans d'autres domaines, c'est cette diversité d'initiatives qui garantit la diversité artistique et culturelle.


Etat des lieux régional 

 En 2012, les huit réseaux départementaux membres du RIF ont mené, via une méthodologie et un calendrier communs, un état des lieux de l'ensemble de leurs adhérents. Activités, publics, données administratives et budgétaires, emploi, rapport aux partenaires et financeurs, perspectives… Cette enquête exhaustive a permis d’approcher de manière plus fine que jamais la réalité du secteur musiques actuelles en Île-de-France, de mettre en évidence la grande diversité et le dynamisme des structures, leur professionnalisation et leur structuration accrue mais aussi et surtout leur fragilité et la nécessité d'un meilleur accompagnement par les pouvoirs publics.

 Synthèse de l'état des lieux régional 

 

Etats des lieux départementaux

 L'état des lieux régional a également été décliné sur certains territoires départementaux :

 Seine-et-Marne (Réseau Pince Oreilles)

 Hauts-de-Seine (Réseau 92)

 Seine-Saint-Denis (Réseau Maad 93)

 Essonne (Réseau Rézonne)

 

 Autre études

  •  Etude sur les concerts musiques actuelles en Île-de-France (à venir)
  •  Enquête sur les publics des concerts menée par le CRY – réseau Yvelinois (à venir)

 

RESSOURCES 

Musiques actuelles

Culture, société 

 

 

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